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L'apprentie japonaise

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L'apprentie japonaise
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28 juin 2007

La suite... je sais pas trop quand

Coucou les gens !

Dur dur de garder mon blog à jour tout en vivant mes péripéties japonaises...
Le but initial de ce blog était essentiellement de constituer un journal que je relirais avec plaisir à l'avenir, et que pouvais faire partager à mes proches ainsi qu'aux curieux de tout poil.
Malheureusement ceux qui ont déjà eu des blogs savent à quel point c'est difficile d'être ponctuel ;p
J'espère pouvoir reprendre l'écriture avant que tous ces moments sympas ne deviennent des souvenirs embués difficile à relater...

En attendant, bon baisers de Tokyo ;) !!

Nonoe

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22 juin 2007

DAY 10 - SOPHIA, SHINJUKU

Journée 100% étudiants Sophia.

Matin et aprèm de cours, et le soir, avec des élèves du département de Français + quelques Français de Sophia, on a décidé de passer la soirée dans un izakaya.

Je vous passe le bordel pour se retrouver tous (20 personnes) à la même heure à la sortie Est de la gare de Shinjuku... Mais au final, on y arrive.

Le genre d’izakaya dans lequel nous étions se situait au septième étage d’un immeuble de Shinjuku et il était super classe ! Le parfait opposé du resto « salle unique » : petites pièces à portes coulissantes avec tatami au sol (on se déchausse à l’entrée du restaurant bien sûr), couloirs labyrinthiques ultra brillant en marbre foncé (avec les pieds nus on a l’impression de marcher sur l’eau), petites lumières tamisées… bref, un mix réussit entre style traditionnel et lounge.

commerces_kabuki_cho du_sous_sol_au_8eme commerces_shinjuku
En France, on imaginerait mal prendre l'ascenseur pour se faire couper les cheveux ou retirer de l'argent. Au Japon si ! On trouve toutes sortes de commerces en étages. Pour se repérer, il y a toujours un petit sigle "chiffre + F"  (= 1st floor, 2nd floor etc...). Mais attention, si vous voyez "3F" ne montez pas 3 étages mais 2, car les Japonais comme les Chinois considèrent que le 1F est en fait le rdc. On a un étage d'écart ;)

En attendant notre table, on s'asseoit dans un salon cosy où on disserte entre filles et en anglais sur la frimousse des plus beaux acteurs japonais. Eh ouais… ces étudiantes de Sophia ont 18-19 ans, et je me surprends (pas tant que ça) à balancer des « kawaii » à tout bout de champs avec elles. On a encooore parlé d'Eita avec Mayuka (celle avec le gilet noir), et les Japonais s'en mêlent « quoi Eita, t’as vu ses oreilles un peu ?? » « ben justement, c’est ça qui fait son charme ! ».
Mayuka m'apprend qu'elle vit à Roppongi, wouaw... Et puis il y a aussi Mayuko, ma petite poupée aux grands yeux avec qui je sens que je vais m’entendre. Mais pas de bol, elle doit partir tôt ce soir.

les_1ere_annee with_Megumi__Mayuka Kazuya_Takeshi_Tatsuya

Une fois tous installés, les Français, sous l’œil frétillant de nos Japonaises, mettent le feu et commandent force boisson et sashimis. Et c’était trop putainement bon, yaassh !! Oui je sais, quel raffinement dans mes paroles. Mais comme le dirait le Grand Shifu « parfois, les mots les plus crus sont les plus fidèles transcripteurs des émotions les plus fortes ». Bref...
En tout cas, y a un mélange sympa entre nos latins lovers tchatcheurs et nos Japonaises qui se lâchent aussi. Y a de la phéromone dans l’air là ^^…
Et moi pendant ce temps ? Je suis à l’autre bout de la table et discute manga avec les étudiants de 1ère année. « Quoi tu connais GTO ? héééèèè ?! Sugeee !!! C’est qui ton personnage préféré ??» Eh oui, une française qui connais un manga plutôt garçon ça étonne un peu. Du coup je leur parle de la popularité des manga en France etc.

izakaya1 izakaya2 izakaya3


J’ai aussi fait la co
nnaissance d’Olivier (Grenoblois au charme troublant) et qui déclare d’emblée ne pas être là pour les Japonaises (parce que hein, stop l’hypocrisie quoi). On a refait le monde, et puis il a bien fallu regarder sa montre pour constater que oups c’est bientôt le dernier métro !

Je rentre avec Tetsuya (le monsieur qui boit un truc bleu non identifié) parce que Shinjuku c’est bien, mais la gare est un peu énorme et je sais pas où chopper la ligne Oedo (après 23H30, l’accès que je connais est fermé :s). Du coup, on prend un autre souterrain, on fait 10 000 détours, et là je repense aux mots de Mayuka : « Tetsuya est bizarre, gentil mais un peu euh… enfin, son regard me fait peur ». Ok… Analyse de la situation : je suis perdue dans Shinjuku avec un garçon que je ne connais quasiment pas, mais qui fait flipper ses copines de classe. Je suis étrangère, il est tard, et j’ai trop regardé les Experts.
« Anooo… Tetsuya ? Why do we need to walk this far to go to the station ?? »
Et là, paf, l’entrée de la ligne Oedo.
Je me sens pas merdeuse du tout, non non, et pour la peine je laisse mon gentleman charmant m’accompagner jusqu’à l’entrée des portiques, d’où il me fait bye bye de la main. C’est mimi tout plein. Et après je sais qu’il va courir pour attraper son dernier train de la ligne Chuo, le pauvre :(

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Mais là ne s’arrêtent pas mes tribulations : j’ai failli être victime d’un complot machiavélique dans le métro, à cause du métro en lui-même. Le métro ne part pas directement direction Roppongi, Azabu etc, il faut s’arrêter à Daimon
大門, le terminus, puis changer de quai et prendre la bonne ligne. Et quand tu réfléchis pas trop à minuit dans une station paumée, tu vois pas que le numéro de quai est affiché en face de toi, alors tu vas fouiller dans ta boite à Japonais pour sortir une phrase compréhensible à un employé de la gare... ce qui me permet de rentrer tranquillou à la maison, bercée par le métro.

Le truc con du jour : j'en ai mal au crâne rien que d'y penser... Aujourd'hui j'ai vu un petit garçon, un écolier tout mimi avec son cartable de l'avant guerre et son chapeau rond (je vous montrerai des photos des écoliers une fois) se faire coincer la tête dans les portes du métro ! Ouch >< ! Heureusement que les employés de gare l'on capté à temps, le pauv...

21 juin 2007

DAY 9 - UNIV. SOPHIA, AKIHABARA

Journée cool. Journée d’enfant gâtée même, où j’ai lézardé à la fac et où après j’ai enfin réalisé (au bout de 9 jours il était temps) « wééé, je suis à Tokyo, aucune contrainte de rien, alors je fais quoi aujourd’hui, hein ^_^ ? ». Avez-vous déjà goûté un tel sentiment de liberté ? Vous êtes seul, votre carte suica et vous, sans famille qui veuille aller visiter Asakusa, sans petit ami qui aie décidé de se défouler dans une salle de jeu de Shinjuku, non il n’y a que vous et vous-même dégagé de toute contrainte (= vous avez retiré des sous hier, votre année scolaire est finie, vos chaussures vous font pas mal).

Petit résumé de la matinée :

univ_Sophia_1 univ_Sophia_2 univ_Sophia_3


Une « 1ère période » de cours comme on dit ici (= cours de 9H à 10H30 environ) dans la classe de Monsieur M. à l’université Sophia. J’étais impressionnée parce qu’il n’a aucun accent et croyez-moi c’est un fait très rare pour un Japonais, je dis ça en toute objectivité, le Français est très difficile à prononcer pour les Japonais (tout comme nous on galèrerait avec l’arabe). De toute façon, parler une langue étrangère, sans accent aucun en ayant appris cette langue aux alentours de l’âge de 20 ans, c’est déjà impressionnant en soi.
Son cours était aussi un peu particulier parce que c’est sensé être le cours de plus haut niveau en Français. On trouve donc des métisses franco-japonais, et des élèves qui ont vécu des années en pays francophones, mais aussi des élèves aux profils différents qui se sont inscrits dans ce cours en pensant avoir le niveau alors qu’en fait, le niveau est loin d’être homogène…
Monsieur M m’explique que c’est limite ingérable une classe comme ça, à cause des trop grands écarts entre les niveaux : si on fait trop simple les plus avancés s’ennuient, si on fait trop compliqué c’est les plus faibles qui trinquent, etc…
Certains élèves viennent me parler après les cours, notamment Emma une jolie métisse qui parle si bien que je me demande ce qu’elle fait là ;) On prévoit une ch’tite soirée pour le lendemain même dans un izakaya, avec nos frenchies de la réunion d’hier et d’autres élèves.

Ensuite je monte squatter la cafèt cosy du 5ème que j’adore décidément, histoire d’avaler un ptit déj tardif (avec ma manie de courir je l’avais bâclé) puis je profite pleinement du beau temps et de ma bonne humeur pour squatter sur les bancs dehors, du bon son dans les oreilles, regardant les étudiants passer tout simplement, ainsi que les séances de photos de classe : ça semble être la saison, j'en ai déjà vu à Keio Mita.

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Dans l’instant j’ai envie de buller, sans pour autant négliger les observations de cours.
Ce à quoi je pense les plus en ce moment, c'est  aux Japonais bien sûr c’est au dépaysement. J’arrive pas du tout à me sentir dépaysée : je suis pleinement consciente que je suis étrangère certes, mais je me sens très à l’aise et je commence à réaliser que c’est les vacances ! Vous me direz, « ben, où est le problème ?! » Je sais pas… En tant qu’éternelle gambergeuse en quête de réponses impossibles à d’improbables interrogations, je me permets de soulever la question du « dépaysement ». Mais comme j’ai pitié de mon lectorat (déjà rare) qui commence à regarder dans le vide, j’annonce sans transition qu’après cette matinée studieuse et ces réflexions sur l’expatriation, j’ai passé mon aprèm à AKIHABARA.

Akihabara_Sega_centerPour ceux qui ont envie de dire « à tes souhaits » en entendant « Akihabara » je réponds que : Akihabara 秋葉原 est un quartier de Tokyo, et plus précisément, c’est ZE quartier pour l’électroménager et les mangas/ animés. Le paradis du geek local, qu’ici on nommera volontiers otaku.
Beaucoup de touristes y vont pour acheter le dernier gadget inédit ou moins cher qu’en France (iPOD, consoles etc), et/ou pour rêvasser dans les magasins de figurines de mangas voire pourquoi pas pointer son nez dans un maid café.
Mon prétexte pour aller à Akihabara, en plus de ma soif d’arpenter Tokyo (et d'avoir regardé non sans plaisir Densha Otoko), c’était d’abord pour remplir une mission :
* la mission (ka)²rotto 136 *.
Si je te dis lecteur de mon cœur que (ka)²rotto 136 est un être extraordinaire se prénommant Charif, que c’est mon voisin et qu’il vénère Dragon Ball Z (et qu’il a des cheveux fous), tu te doutes que je ne pouvais passer par le Japon sans lui rapporter une broutille estampillée « Débézed ». Et tu as bien raison.

magasin_costumes_maid station_Akihabara je_suis_planquee_dans_la_photo

Me voilà ainsi partie pour le quartier geek, et dès la station JR Akihabara où le décor est planté (affiches et publicités pour magasins de costumes, librairies mangas et DVD d'animés), ça loupe pas, on me regarde encore plus étonné que d’habitude.
Pas étonnant... J'ai pu vérifier auprès des étudiants tokyoïtes que Akihabara = quartier otaku, ce qui au Japon est plutôt mal perçu, car un otaku, c’est un peu un vieux garçon ou un ado boutonneux pas très sex’, voire pire, un pervers. Pour cette raison, peu de japonaises normalement constituées traînent à "Akiba" (oui, bizarrement y a moins de fille ici qu’à Shibuya lol).
Les occidentaux qui s’aventurent en territoire otaku (bien qu’otaku/ geeks eux-mêmes pour beaucoup d'entres eux ;p), ne passent déjà pas inaperçus. Alors imaginez un peu une brunette d’humeur Carrie Bradshaw, tout sourire, perchée sur ses compensées, sac Thierry Mugler et lunettes mouches, le tout qui mitraille tout ce qui bouge avec son Nikon Coolpix 5200 chéri...  Oups, c'est moi ! Bon je force le trait, mais c'est sûr que je me fondais moyen dans le décor :p

Akihabara_1 Akihabara_2 Akihabara_3
Akihabara_4 Akihabara_5 Akihabara_6 Akihabara_7
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Au final, la ballade était très sympa. Je me suis moi-même noyée dans les boutiques de goodies de manga, me rappelant les bons souvenirs des dessins animés de la 5, me surprenant même à rechercher des figurines de Adorable Creamy. Mais ce que la petite frenchy perdue dans cet univers masculin  a trouvé de plus génial, c’est… les dalles de trottoirs. Logique, on est dans le quartier attitré de l’électronique, ainsi la ville de Tokyo a orné les trottoirs de dessins d’appareils électriques. Je vous laisse admirer les 3 exemplaires ci-dessous.

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L’un de mes derniers souvenirs d’Akihabara, c’est celui de ce couple occidental, d’où, je ne sais pas, mais dont la fille pleurait et le garçon pour la consoler lui a collé une pelle bien baveuse, j’ai trouvé ça so chic devant les mémés japonaises (et les otakus timides)…

 

Sinon en rentrant je suis passée faire un tour à un square près de chez moi. Passionnant. Oui mais sauf dans ledit square a été tourné une scène tripante du film "Babel" de Inarritu. Dans le film, cette scène est superbe et je me rappelle avoir rêvé de visiter ce parc. Mais dans la réalité, c'est tout pourri lol ! Voilà à quoi on reconnait le talent du cinéaste vous me direz. La dernière photo en bas à droite, c'est un immeuble d'Azabu Jûban au pied duquel j'ai dévoré un croissant du combini d'en face, moitié planquée parce qu'au Japon on mange pas trop dans la rue. Eh ouais j'avais pas vraiment mangé depuis Sophia le matin :s ... Et c'est avec de petits détails comme ça qu'on se fait de bons souvenirs de voyage ;)

square_Babel_Azabu_Juban square_Babel vite_un_croissant_Azabu

20 juin 2007

DAY 8 - UNIVERSITE SOPHIA, ROPPONGI

« Putain, je suis pas en avance… ».
Ces quelques mots résument bien l’essentiel de ma vie.
Le retard…
Je me suis déjà fait depuis longtemps à l’idée que j’avais le karma d’une tortue, bon y a pire en même temps (= le karma d’un escargot ??).
Sauf que le problème n’est pas là, je suis à Tokyo, ici le retard n’est certes pas non plus sanctionné de peine de mort (sociale), mais on va pas pousser mémé dans les orties. Heureusement, heureusement, je suis sous la tutelle de Mme T. Et Mme T. comme le dit si bien Aurélie la stagiaire, est probablement LA SEULE PROF JAPONAISE de toute l’Université qui arrive EN RETARD.
J’ai donc le karma d’une tortue qui avait elle-même le karma d’un trèfle à 4 feuilles ;p.
Donc j’arrive essoufflée après le grand escalator enjambé 4 à 4 avant Akasaka gate à la station Yotsuya, et là, 5 min avant le cours je vois Mme T qui me dit comme une fleur « désolée, j’arrive à peine » avec un grand sourire. Car c’est aussi l’une des profs les plus souriante et peace&love. Mme T, je commence à vous aimer.

En même temps lecteur, je te vois arriver avec tes gros sabots terreux : « elle a pas l’air très consciencieuse cette Mme T. » et là je riposte, je m’insurge ><, non ce n’est pas du tout le cas, c’est une prof très active dans le domaine du FLE, avec beaucoup de publications, elle s’implique beaucoup pour ses élèves, qui l’apprécient énormément d’ailleurs, bref elle aime passionnément son métier. » (J'ai pas été payée pour dire ça).

La séance précédente à savoir Vendredi dernier était mon premier cours avec ses élèves de 2ème année : elle n’avait pas eu le temps de me présenter vraiment, je m’étais invitée juste dans la classe sous les regards intrigués d'une 60-taine de gravures de mode (=les jeunes japonais qui font partie des universités d'élite ont rarement des look d'informaticiens de la Silicon Valley).
Donc cette fois, on est dans une salle multimédia, la disposition est plus propice à la discussion donc, c’est parti pour la présentation : je m’appelle Noémie, je suis étudiante en Chinois etc…. En fonction de ça, la prof leur demande de me préparer des questions par groupes de 2 ou 3, après quoi je passerai de groupes en groupes leur répondre, et faire mieux connaissance.
Une matinée avec 60 élèves, sympa ;) !

Eita J’ai bien aimé certaines de leurs questions : par exemple, il y a cet élève tout mimi tout fin et une copine à lui qui me demandent quel est mon kanji préféré, un groupe de garçons qui me demandent quelles célébrités japonaises je connais (selon eux je suis calée (drama geek pawaa)), ces filles toutes pimpantes dont une qui est aussi fan de Eita (ah, Eita ^^ *soupir*, c'est le monsieur à gauche avec ses cheveux tout fous et on le voit partout en pub dans le métro), bref, on pousse des cris étouffés d’hystéros en mode jap (genre Eita ? Kawaiiiiiiiii ^o^ !!!!), le pire c’est quand elle m’apprend que Samedi, elle va le voir en chair et en os parce qu’elle a eu des places pour la Première de son film *o* !! Non je pète pas un câble là !!!! Bon j’évite de me rouler sur la moquette toute propre de la salle multimédia, devant un parterre de 30 étudiants + Mme T, ça fait un peu désordre quand même (je représente la France, ‘tention hé).
Bref, une matinée détendue où j’étais au centre du cours, c’est amusant de se faire interroger comme ça, ils sont tous trop mimous ^^. Ahlàlà, à cause d’eux, je suis d’humeur peluche-guimauve toute la journée, pfff, quelle déchéance...

Après ça, le département de Français de Sophia organise une petite réunion-apéro entre midi et deux : le but, rencontrer les Français de Sophia et tenter de discuter avec eux (et plus si affinité mais bon ça on le dit pas ça fait désordre). Et il y a tellement peu de Français à Sophia par rapport aux Américains que je me retrouve 'inclue' dans "les français de Sophia". En l'occurrence là dans la pièce, je suis la seule représentante féminine de ma nationalité (s'ils savaient que génétiquement je suis plus marocaine que gauloise, ils crieraient tous au scandale).
Les Français sont bien marrants, la plupart échappés de Sup de Co. On est que 7 pour une trentaine d’étudiants, du coup les frenchies font leur show et mettent une ambiance de feu. Ah ces mecs… Il le savent qu’ils sont populaires ici tiens ;)
Moi, fraîchement débarquée du cours, je tente laborieusement de me planquer pour avaler mon onigiri le plus vite possible, si possible en évitant de m’étrangler avec la feuille de nori autour et sans faire déborder la mayo et sans faire tomber du riz et... Je suis pas du tout stressée là, j’ai encore plein de paires d’yeux qui me regardent avec curiosité, et on me presse plus ou moins de finir pour que la réunion commence officiellement.

C’est là que je rencontre Kazuki, étudiant de 1er année qui a vécu un an à Marseille quand il était au lycée (tiens le monde est petit !), l'ancien étudiant en médecine Tetsuya et la divine Mayuko, toute mimi avec ses grands yeux et sa jolie frimousse, avec qui je bavarde en anglais. Bref ces trois-là ne m’aident pas à redescendre de mon nuage à bisounours, ‘faut que je fasse un truc pour rééquilibrer la tendance' me dis-je des paillettes plein les yeux.

with_Tetsuya with_Mayuko

Je vais donc à Roppongi après cette bonne journée Sophiesque, histoire d’explorer ce que je n’avais qu’entraperçu jusqu’à présent : un passage par hasard le Samedi en revenant de la Tokyo Tower et un saut de puce Dimanche soir après Shinjuku, c’était trop court.
Bon, là le but officiel était d’aller à la Citibank (impossible de retrouver celle de Shibuya), on m’a bien expliqué, c’est près d’Almond, le salon de thé devant lequel beaucoup de gens se donnent rendez-vous.
Après avoir fait le plein de cash (ben non je vous dis pas combien :p), je me transforme en mitrailleuse humaine. Et là ça rigole pas :
Arme : Nikon Coolpix 5200.
Fréquence de tir (moyenne) : un shoot/ 20 sec
Batterie : optimale (une batterie en réserve)
Cible : tout (sans pitié)
En gros je bombarde surtout Roppongi Hills, je dois avouer que certains clichés sont pas mal, voilà voilà.
Sinon y a aussi des espèces de hostboys à Roppongi, mais c’est une autre ambiance que Shinjuku. En fait j’aime pas tellement Roppongi, y a tout un groupe de cravatés costume noir devant Almond au croisement qui ne sont ni des salarymen ni des hosts à la mode Kabuki-chô, je les sens pas ceux-là :s

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Puis bon, y a beaucoup d’Occidentaux, ce qui me donne le sentiment d’être dans une concession internationale, et c’est pas vraiment pour ça que je suis venue au Japon à vrai dire (je l’ai dit).

Le truc con du jour : pfff… Mes photos de Roppongi sont presque toutes floues, quelle idée j'ai eu d'y aller à la tombée de la nuit (parce que j'ose pas mettre le flash bien sûr…).

19 juin 2007

DAY 7 - TODAI-KOMABA, SHIBUYA (comment je gère sa race à Meguro)

Le matin je suis allée à Keio Mita, juste à côté de la maison. J’ai encore galéré pour trouver, j’ai demandé mon chemin à deux livreurs. J’ai cru que j’y arriverai jamais.

Il faisait déjà chaud ! Je me rappelle avoir joué à cache-cache avec mes lunettes de soleil.

Comme d’hab je cherche au pif par rapport au plan, rdv avec Vincent B dans le hall de l’immeuble des profs, je suis ses indications. J’arrive pile ! Je bois un verre d’eau fraîche au foyer puis on décolle. La fac est sympa et juste à côté de la maison en plus (disons que j’y vais à pied). Je le savais déjà orienté littéraire, j’ai confirmation en lui demandant, qu’il est certifié de Lettres modernes. Son cours est un entraînement à la dissertation pour une poignée d’élèves, futurs doctorants candidats au concours des bourses.

universite_Keio_campus_Mita entre_KeioMita_et_Azabu universite_Keio


C’est impressionnant de voir à quel point il me rappelle Monsieur M, mon prof de lettres en 1ère, il a la même voix les mêmes intonations, la même façon de présenter ses arguments, d’encourager les élèves… c’est passionnant saisissant ! Dans tous les cas, j’en prends de la graine de son cours parce qu’en Français c’est comme en philo (cf post d’hier ;p), j’ai eu un magnifique 6 à l’écrit. Je me demande toujours comment je l’ai eu ce bac, et si je serai vraiment une bonne prof de Français lol.

Au moment de sortir, il y a toute une floppée d’élève qui posent pour les photos de classe. Parce que oui, dans les facs d’ici on fait aussi des photos de classe ;p. La claaasse…

Après Keio je passe au combini du coin me prendre de quoi manger à la maison, puis hop je repars pour Komaba comme hier.

Cette fois comme je manque un peu de cool attitude et que je suis à la bourre (nooon…), je me jette dans le train sur le quai de droite, sans prendre le temps de vérifier si c’était un local. Et c’était un express quelquechose X(. Donc j’atterris en toute logique à Meidai-mae (une autre université fort sympathique), pas franchement à côté de Komaba.

Tranquille, c’est ma devise, je reprends le train en sens inverse, c’est con mais y a pas mort d’homme, et puis ça me fait voir du pays ^^ ! Et en plus, j’arrive pile à l’heure encore une fois, chi ché pas beau cha :p

Encore une histoire de chaussure : pour ceux qui ont suivi mes déboires de chaussures rebelles du post précédent, ça a continué ! Au moment de rentrer dans la salle, ma chaussure s’est bloquée dans la rainure au niveau de la porte, ç’aurait pu mal finir si j’avais franchi le pas avec une allure énergique (genre étalage « plaf » devant 38 paires d’yeux écarquillés) : heureusement que je suis molle, et que j’ai eu tout le temps de me dépêtrer du truc. Le prof se demandait encore ce que je trafiquais à faire du sur-place lol.

Là j’assiste à deux fois 90 minutes de cours – parenthèse : les cours que j’ai pu voir dans les universités tokyoïtes étaient tous de 90 minutes sans exception, un très bon format selon moi – . Les élèves sont tous des débutants en Français, et ce n’est pas leur spécialité (ils étudient les maths, l’Histoire, la physique etc…). Le premier groupe est très chargé 38, difficile de faire de la conversation dans ces conditions o_O ! Les élèves sont invités à me poser plein de questions (puisque je suis là pour ça ^^), alors j’ai droit au classique « où est-ce que tu vis » « quel âge tu as » etc, ou plus surprenant « que pense-tu du pantalon du prof » ( héè ?!?). Réponse : « euh… Ben c’est un pantalon quoi (euh, qu’est-ce que je devrais répondre ?? -_-‘* panique *) ».

Le prof en question c’est monsieur C., l’agrégé de philo d’hier. Toujours aussi méthodique, il m’explique tout, en plus il y a un examen donc j’en prends de la graine.

Le groupe d’après est nettement moins nombreux (11-12), l’ambiance est bonne, on a vachement bien accroché. Là j’ai droit au non moins fameux « est-ce que tu as un copain ? » et quand je réponds non, les élèves demande « ah bon pourquoi ?? » Et là en général y a un blanc, hahaha ^_^’ (rire nerveux) auquel le prof met fin en disant « c’est une question peut-être un peu trop personnelle ».

Todai_building10 etudiants_de_Todai Todai_s_trees


Après le cours vers 18h, je rejoins la petite gare de Komaba remplie d’étudiants (essentiellement des garçons) future élite du pays. Même si on voit bien quelques étrangers à Tôdai, ma présence détonne quelque peu sur ce quai bondé (oui vous êtes mimis tous, mais arrêteeez de me regarder, sinon je vais me transformer en tomate gnihihi *timide* ^^). Je rigole de ça, d’abord parce que ces regards n’ont rien d’agressif (c’était pareil quand j’étais en Chine), et surtout parce que quand je me dis « je passe quand même pour une étudiante de Tôdai, quand même » alors que je suis une flemasse de 1ère qui sait même pas additionner 2 et 2, la blague et qui écrit 4 fois « quand même » dans la même phrase (signe évident de pauvreté du lexique).

Arrivée au terminus Shibuya, je me dis que ça serait bon de sortir flâner un peu.

C’est là que je tombe sur la scène d’accident (cf ce post (link coming soon ;), où je me dis qu’il a dû se passer un truc pas gentil dans le coin.

Sinon je vois un autre type d’attroupement, devant un immeuble dont les vitres du 1er (comprendre RDC) laissent apparaître l’enregistrement d’une émission : je ne reconnais personne, dommage.

emission_shibuya1 Shibuya3 Shibuya10 Shibuya12
Shibuya5 Shibuya7 Shibuya11

Je suis toujours aussi scotchée quand j’entends le bruit qui s’échappe des salles de jeu, y a tout un pâté de maison près de la gare dédiée au pachinko entre autres, j’aimerais pas habiter par là je vous le dis.

Je rentre un peu après la tombée de la nuit, en passant par Meguro (un peu plus tard je découvrirai enfin qu’en prenant la Ginza-sen et en changeant à Tameikesanno c’est moins cher et plus simple ndlr) que je commence légèrement à apprivoiser.

Là lecteur tu te dis « qu’est-ce qu’elle nous rase avec ces histoires de métro, c’est quand qu’elle nous parle des love hotel un peu ». Et là je te réponds « tu fais comment pour aller dans un love hotel si tu sais pas prendre le métro, bananou ? ;)

Donc je te fais participer.


*Séquence quizz :*


pour aller à 麻布十番Azabu-Jûban en partant de 目黒 Meguro, parmi les trains affichés, lequel faut-il prendre ?

1. 西高島平 Nishi-Takashimadaira

2. 浦和美園 Urawa-Misono

3. 赤羽岩淵 Akabane-Iwaguchi

-> Vous disposez pour ce faire d’un plan qui ne vous sert à rien puisque aucune des directions indiquées n’y figurent (= c’est trop loin).

En outre, il n’y a pas de plan affiché là où vous vous trouvez.

On vous aide :

-> même vous ne comprenez rien à ce qu’il dit le monsieur de la gare dans son micro, vous pouvez à peu près discerner le nom des principales stations qu’il énumère où le prochain train va s’arrêter au milieu de son discours. Par contre, si vous ne connaissez pas par cœur toutes les stations de votre ligne, là c’est tant pis pour vous.

Gambare !

-> Pas de pitié pour les croissants, on sait bien que vous êtes au Japon depuis moins d’une semaine, mais bon ça vous fera les pieds un peu héhé (non mais).

Attention, top départ, il vous reste une minute pour vous sortir de là (la temps que le premier train arrive).

P.S. : il y a un piège ^^

BONNE CHANCE !

Comment je m’en suis sortie moi ?

-> La 1ère fois, je me suis fiée à mon pif et je suis montée dans le 1er train, en me disant qu’au pire, je pourrais retrouver une correspondance un peu plus facile ailleurs en cas d’erreur : ouf, c’était le bon ! Il allait à Akabane, ok j’ai pris note pour la prochaine fois.

Au bout de la 3ème fois (aujourd’hui donc), I got it : le piège c’est qu’il y a carrément 2 de ces 3 trains qui passent par Azabu, tant mieux, il n’y a que celui pour Nishi-Taka que je dois squeezer.

Je sais, ma vie à Tokyo est passionnante, c’est fou…

En rentrant c’est un peu le rush quand même, j’essaie de trouver une présentation originale pour les magazines que j’ai ramenés de France pour les élèves de Mme T., quelques pistes mais rien de concret :s

Demain, je retourne à Sophia, ‘suis toute contente J

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18 juin 2007

DAY 6 - TODAI-KOMABA (le retour de la malédiction des chaussures)

Aujourd’hui, je devais me lever tôt pour aller à un cours le matin à Tôdai et finalement j’ai bullé.

J’ai encore pas mal de fatigue à cause du décalage horaire et du mois de course après le temps qui aura précédé mon voyage.

Je me prépare à aller aux cours de Monsieur C qui enseigne donc le français à Tôdai.

Tôdai (東大 abréviation de 東京大学 Université de Tokyo) est officiellement la meilleure université de tout le Japon, et donc l’une des toutes meilleures universités du monde.

Quand on sait ça on se dit qu’on va éviter de faire tâche et qu’on va arriver à l’heure en cours (au moins).

Mais, quand on s’appelle Nonoe on a beau faire des efforts… enfin passons…

Bref, pour aller à Tôdai en partant d’Azabu-Jûban, sans aucune notion du temps puisque j’y vais pour la première fois et qu’en plus je n’ai plus la montre de ma chère Ice sur moi (je l’ai trop bien planqué parce que le tic tac me dérangeait la nuit, ben maintenant je la retrouve plus c’est malin), c’est sympa.

En général dans les grandes universités japonaises, il y a plusieurs campus.

Tôdai n’y échappe pas : « mon » campus est à Komaba.


Inokashira_sen_ShibuyaOk c’est parti, Namboku-sen, changement pour la Yamanote à Meguro, puis arrêt à Shibuya, puis prendre la Keio Inokashira-sen. Pff, elle est pas à côté, heureusement que j’ai tout bien préparé sur mon carnet, avec le nom de la ligne en kanji.
A Tokyo dans le réseau de train et métro il me semble bien que tout est écrit en Kanji et rômaji (alphabet latin), mais quand on lit les kanji c’est toujours mieux parce que c’est souvent écrit beaucoup plus visiblement. C’est pratique, on perd moins de temps. Pareil pour mon plan de métro que j’ai dans le sac, il est uniquement en kanji.

C’est ça qui est marrant, je suis pas foutue d’aligner deux phrases de suite, je suis vraiment une quiche en conversation, mais par contre je peux lire à peu près les repaires spatiaux, les menus dans les restos etc.... Même si je ne connais pas le nom d’une station à la base, je le retiens très facilement point de vue visualisation.

Bref, je finis par tomber sur la ligne Inokashira qui démarre de Shibuya. Là il s’agit de pas se gourer en prenant l’express au lieu du local (pareil, ici les kanji sont d’un grand secours, parce qu’il me semble que c’est pas écrit en rômaji).

Par contre je me demande si je vais gérer une fois à l’université parce que je ne sais pas du tout où se trouve se fameux bâtiment 10 où se déroulent les cours.

Mais, *patience et décontraction, c’est ma devise pour ce mois au Japon* (oah ça rime ^^).

J’arrive à Tôdai, je suis pas en avance donc je me rue à l’entrée pour demander au gardien : « anooo… sumimasen, (je lui montre « bâtiment 10 » écrit en japonais sur mon carnet) doko desuka ?? » (-> formule incontournable pour se perdre en toute sécurité). Très sympas, juste à côté de moi il y a deux garçons qui papotaient avec le gardien qui me proposent de manger une espèce de truc qui ressemble à de la guimauve, je refuse en souriant, je suis pressée. Le gardien m’explique avec forces gestes et « migi » « hidari » (droite gauche) l’accès au bâtiment 10. Cerise sur le gâteau il me donne un plan de Tôdai avec le tracé. « Arigatou gozaimaaas !! » Allez je trace. Quelle idée j’ai eu de mettre mes talons aiguilles aujourd’hui, ici on est pas sur le goudron de Sophia, tout est pavé en plus je suis pressée, pas moyen d’aller vite, bref c’est bien moi ça. En tout cas je passe pas inaperçue, j’entends des kawaii par-ci par là, en plus il y a beaucoup de garçons ici, je sens que je vais m’y plaire tiens ^_^.

J’arrive enfin à destination DANS LES TEMPS !!! Eh oui c’est ça qui est fou chez moi, je pars toujours en catastrophe internationale, je connais pas vraiment mon chemin, j’ai pas d’heure sur moi mais comme Parker Lewis je ne perds jamais XD (enfin des fois si quand même u_u).

Monsieur C est super méthodique. Au point que je me noie au début. « Alors pour l’appel j’ai mis au point un système de fiche plutôt qu’une liste dont on ne retire pas grand-chose… ». Il est très sympa et m’explique tout. Je l’ai rencontré à mon 1er cours de Vendredi à Sophia, car il travaille en tandem avec Mme T le Vendredi matin.

On avait alors correspondu par mail pendant le week-end pour qu’il me transmette son emploi du temps ainsi que celui d’un de ses collègue + les adresses mails de profs qui « ouvrent » leurs cours à des étudiants étrangers aux universités pour voir un peu ce qui se passe du côté de l’enseignement du Français au Japon. D’ailleurs s’il y a des candidats, vous êtes les bienvenus ! Comme beaucoup de profs d’origine française, son travail est réparti sur plusieurs universités. Il vit depuis 10 ans au Japon, agrégé de philo (chapeau bas, moi qui ai eu 6 au bac u_u). Le cours d’aujourd’hui me surprend par le peu d’étudiants inscrits (6 ! Comme ma note de philo tiens ^o^), ils sont de niveau assez hétérogène mais globalement de 3ème 4ème année.


Après le cours, c’est l’heure de rentrer. Ben oui, il est 18H et il commence à faire nuit.

Todai_KomabaJe demande au prof de m’indiquer le combini du campus, on y va ensemble et bien sûr mes talons aiguilles restent coincés dans les pavés de Tôdai c’est marrant :p (le prof hallucine en me regardant me dépêtrer laborieusement d’un espace entre deux pavés particulièrement vicieux).

Faut que je me calme avec les pâtisseries emballées made in combini, je commence à m’y accoutumer dangereusement. Si ça continue en rentrant vers_la_gareen France on va m’appeler « King Size Nonoe (la reine du combini) ».

J’ai fait un détour pour retourner à la petite gare de Komaba, il fait déjà presque nuit.

Ici ce que je trouve le plus incroyable c’est qu’on n’est qu’à deux stations à peine du bouillonant Shibuya, et pourtant c’est d’un calme, avec le passage à niveau et les petites maisons basses, les lycéens qui longent la voie ferrée pour rentrer chez eux, les grands arbres de l’université etc…

oishiicecinestpasdeleauLe truc con du jour : j'ai acheté cette boisson à l'arrache, voyant le H2O j'ai pas lu plus je me suis dit que c'était de l'eau ;). En plus le design est sympa. En fait c'est un truc sucré genre énergisant. Très bon en plus. Sinon j'ai trouvé mon norimaki star : le "ebi mayo". Rhaa j'en reveeeeux !! ^o^ *bave*

17 juin 2007

DAY 5 - SHINJUKU & ROPPONGI BY NIGHT (et les host-boys)

Shinjuku…

Ah Shinjuku…

Pour ceux qui se rappellent un peu de mes aventures précédentes, j’avais quitté Harajuku à la nuit tombante avec une faim de découverte de Tokyo.


Shinjuku, j’y avais juste transité deux jours avant pour aller de la Chuo-sen à la Yamanote après être revenue de Yostuya (université Sophia), le changement était très simple.

shinjuku_eki_mapMais là mon bouquin me dit de prendre la sortie centre-Est quelquechose, et je le sens mal parce que :

-c’est une gare énorme (2 petits millions de personnes par jour seulement)

-j’ai pas de GPS intégré (ben alors papa maman, vous auriez pu y penser quand même)

-je viens d’arriver au Japon

-regardez la photo du plan. Vous avez vu tous les ronds blancs (légende = un rond blanc pour une correspondance) ??

Donc je me prépare mentalement dès la station Yoyogi. En même temps j’ai la zenitude au plus profond de moi, après tout je suis en vacances il faudrait peut-être que je le réalise.

Ca y est, j’entends la sempiternelle annonce vocale « Mamonaku… Shinjuku etc ».

En tout cas j’aime bien la lumière qu’il y a sur le quai (et toujours cette pub Docomo avec Eita ^^).

pub_docomo Yamanote_sen_Shinjuku1 Yamanote_sen_Shinjuku2

Allez c’est parti.

Y a du monde. A Tokyo, y a pas de «Dimanche » ou « pas Dimanche », y a du monde tout le temps.

C’est ok pour les directions, je me retrouve dans un dédale de couloirs et d’escaliers/ escalators, je suis littéralement dans des « autoroutes pour piétons », j’ai pas encore mon code dans ce domaine mais pour l’instant je maîtrise le « serrage à gauche dans les escalators » ainsi que le passage de carte Suica dans les portiques : c’est tout un art parce qu’en cas d’affluence on voit pas les portiques arriver, or y a du monde qui presse. Si t’as ta carte planquée au fond du sac, t’es mort. Faut pouvoir dégainer sa carte plus vite qu’un salaryman. N.B. pas besoin de sortir sa suica du portefeuille d’ailleurs.

surlequai lyceens_surlequai ajustement
(eh psst, regardez les sacs de sports vernis des garçons sur la photo du milieu, eh ben tous les lycéens ont ça comme sac de cours, en noir, blanc,voire rouge parfois, puis de la marque attention, adidas et compagnie)

Bref, jusqu’à présent je m’en sors mais alors que j’atteint presque mon but, c’est la panne.

Warning. Je doute.

Est-ce bien cet escalier-ci ? Non je continue. C’était pas ça, je reviens sur mes pas.

Je prends l’escalier parce que j'ai pas plus envie que ça de me faire écraser par un troupeau de piétons venus s’encanailler à Kabuki-cho.

Ouf on y est.

Et là moi je dis wouaw.

Ce qui me frappe c’est la grandeur du lieu, en contraste avec les petites rues de Harajuku, j’essaie de prendre des photos mais cette grandeur ne ressort pas. Direction Kabuki-cho. C’est blindé de monde.

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J’arrive sur Yasukuni-dôri, et là paf je tombe nez à nez sur les hostboys.

Qu’est-ce que c’est que ça, les hosts ??

Là je vais vous faire un cours en règle, parce que je trouve ce sujet passionnant.

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Les hosts ou hostboys sont des jeunes hommes bien sapés, bien lookés, bien coiffés (costume noir et crinière éclaircie le plus souvent, le look du prince charmant japonais) qui accostent des filles et si possibles des friquées pour leur proposer leurs « services ».
En terme de services, il s’agit de ramener ces filles dans leurs clubs, discuter, leur dire ce qu’elles ont envie d’entendre, et surtout les inciter à payer pour eux des bouteilles de champagne de 500, 1000 euros voire plus (une bagatelle quoi). Le champ' on l'aura compris, c'est juste un passeport en échange duquel on vous offre un homme à la soirée : quoi de mieux qu'un alcool prestigieux pour maquiller la location d'un être humain et noyer tout ça dans la joie et l'ivresse.

Souvent, ce sont des prostituées et hôtesses qui fréquentent les hosts, d'abord parce qu'en dehors du milieu de la nuit, rares sont les femmes qui peuvent s'offrir de tels services.
Ensuite et on le comprend, les prostituées cherchent juste une présence masculine agréable, pour se confier, oublier leur journée, écouter des paroles réconfortantes. Or, les hosts ne sont pas là pour le sexe, leur fond de commerce tourne davantage autour de la séduction, de l'écoute et de la bonne parole, leur but étant de faire fantasmer leurs clientes le plus longtemps possible.

Le plus surprenant, c'est que personne n'est dupe dans l'histoire.

Côté clientes, beaucoup deviennent accroc, en dépit de tout leur bon sens initial. Même une professeur de sociologie, intriguée par le phénomène, a troqué son bloc sténo contre les coupes de champagnes pour mieux étudier si "le fait d'être host relevait ou non de la prostitution". Aux dernières nouvelles elle n'en est toujours pas revenue.

Côté hosts, beaucoup finissent par culpabiliser de tirer profit des clientes et ne peuvent plus gérer la situation.

La plupart sortent complètement cramés de ce métier (la majorité y tiendraient rarement plus d'un an), à force de boire chaque nuit des quantités d'alcool qui ferait pâlir n'importe quel étudiant de grandes écoles, et à force de mentir aux filles et d'entretenir des relations factices en échange de fric et de vivre complétement déconnecté de la réalité, d'autant plus que le business ne marche pas pour tous : si vous voyiez le nombre de hosts qui se disputent les trottoirs de Kabuki-cho, vous aimeriez pas être à leur place.

Un documentaire très très bien fait a été réalisé en 2006 par Jake Clennell, "THE GREAT HAPPINESS SPACE", sur un club host à Osaka. Dommage il n'est plus disponible sur le net...


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Ce phénomène m’interpelle parce que le Japon est peut-être le seul pays du monde où on choisit son homme à la carte comme un produit, littéralement dans un menu, où les photos de ces garçons s’étalent sur les façades des immeubles de Kabuki-cho ou d’ailleurs, la preuve en images. Si vous voyez ça ailleurs, dites-le moi.

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Bref ces fameux hosts, je les ai vu en live.

En tout cas j’aimerais pas être à leur place quand ils racolent les filles, parce que de nature déjà les garçons japonais sont plutôt du genre (très très) timides, si en plus il faut passer une soirée à faire du racolage et se prendre des râteaux ><….

Certains m’ont abordée, mais je suis l’anti-cliente host lol : j’ai pas de fric, je bois pas et je parle presque pas Japonais, c’est vite vu. Quand je disais ça à certains hosts ils riaient puis on se mettait à discuter de ce que je faisais au Japon, comment c’est la France etc… Tous m’ont mise en garde, ici c’est « abunai » (dangereux), je dois pas trop rester seule ici etc…

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Mais bon honnêtement c’est pas du tout le 93 ici mdr ! Bien sûr, la mafia est forcément là mais je trouve que Roppongi dégage une ambiance plus malsaine.

En tant qu’étrangère, on s’observe mutuellement les gens et moi, mais je me fais pas aborder de toute part comme certaines japonaises qui cultivent le look « bitchy », avec du Vuitton ou du Gucci au bras (signe extérieur de richesse). Franchement, pour être retournée plusieurs fois à Kabuki-cho le soir, j’ai eu plus d’emmerdes avec les mecs dans le Kansai qu’ici. Quartier chaud peut-être, mais surtout pour les Japonaises, parce que c’est vrai qu’elles se font accoster de toutes part :

-par les hostboys

-par les promoteurs d’izakaya

-par les promoteurs de karaoke (avec leurs vestes fluo ^^)

-par les promoteurs de restos et cafés divers

-par des personnes non-identifiées

Pour revenir à Kabuki-cho, j’ai pris plein de photos sympas.

Le truc con c’est que je veux toujours jouer les discrètes et prendre des photos à la dérobée, mais au Japon pas de bol, je passe pas inaperçue ! Surtout à Kabuki-cho le soir, je me suis bien balladée et je n’ai croisé aucune autre fille occidentale seule. Et ça se remarque tout de suite… Donc sur certaines photos, les hosts et moi, on s’observe involontairement.

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Après Shinjuku, comme si ça suffisait pas, je suis partie à Roppongi, avec l’idée de rentrer à Azabu-jûban à pied (c’est à une station de métro).

J’ai galéré comme une malade malgré la bonne quantité de plans qu’il y a dans le quartier, tout simplement parce que je ne trouvais pas ce fichu passage pour traverser le carrefour, impossible d’aller de l’autre côté vers Roppongi Hills, alors que je vois bien qu’il y est ce fichu passage sur le plan. Au bout de quelques minutes (le temps que ça monte au cerveau, je suis plutôt du genre diesel parfois) j’ai enfin réalisé qu’on était pas dans le quartier St-Claude à Grasse, mais à Roppongi à Tokyo : or quand on veut traverser une voie rapide à Tokyo, ben y a pas de passage piéton comme sur l’avenue E. Leclerc, par contre y a un passage souterrain. Ha ha ha (je ris jaune là). J’aurais pu marcher longtemps à la recherche des bandes blanches sur la chaussée X(

vers_shirokanedai Roppongi_Oedo_sen2 DSCN9771 le_passage_en_question sous_Roppongi_Hills Roppongi_TVAsahi
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En tout cas, c’était très sympa la ballade nocturne ensuite, comme d’hab je m’embarque sans plan sans rien, avec une décontraction inhabituelle qui m’épate encore et qui m’aura pas lâchée tout ce mois-ci « boaf, je finirai bien par retrouver la maison»…

A part ça j’ai changé de combini, je vais toujours à Sunkus mais à celui qui est de l’autre côté de la rue. D’abord c’est plus près de la sortie de métro et en plus les vendeurs sont plus sympas :p Je m’achète un truc à grignoter (parce que j’ai toujours pas mangé !) et je me cale sur la terrasse de cet indécent appart de Xm² (je le dis pas, ça fâche en général), les doigts de pieds en évantail… C’est une de mes définitions du bonheur ^_^.

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Le truc con du jour :
elles sont mimis les plaques pour les pompiers non ;) ? Ca dédramatiserait presque l'incendie...

17 juin 2007

DAY 5 - HARAJUKU (petite promenade dominicale)

Alors aujourd’hui, je me suis enfin payé le luxe de faire une bonne grasse mat’ : très grasse la matinée en effet, j’ai du me lever vers 13h ^^. Mais en même temps en France il est 8h quand ici il est 13H alors était-ce vraiment une grasse matinée, là y a débat.

Mais vous n’êtes pas venus ici pour lire ce genre de trucs.
J’ai émergé tout doucement, j’ai rangé, interneté etc puis je me suis décidée à aller à Harajuku. Après, je verrai bien. Donc hop, Namboku-sen jusqu’à Meguro, changement pour la ligne Yamanote.

Comme j’ai acheté un guide avant de partir mais que je sens qu’il va un peu me servir à rien (peut-être parce que c’est un peu un bottin d’1,5 kg), j’ai pitié et je le fourre dans mon sac.

Je suis pas forcément madame cosplay mais aller à Tokyo sans passer par Harajuku le week-end, c’est un peu dommage, l’ambiance est sympa, y a des concerts, le parc etc…
Et là il y a toute une étude sociologique à faire…
D’abord, arrivée sur le fameux pont lieu de rendez-vous des cosplayers j’ai rencontré un couple de Français : la fille faisait son mémoire d’ethnologie sur les… cosplayers (option gothic lolita ) ! Elle savait plus où donner de la tête ;) Elle m’expliquait que « si on va voir les lolitas en leur disant qu’on les trouve mimi elles sont ravies, et vas-y qu’on enchaîne les photos ensemble, les « kawaii » échangés etc... Par contre, les groupes de cosplayers étrangers restent entre eux (sauf cosplayers isolés intégrés dans un groupe d’amis japonais) » etc... Bref, bon courage pour ton mémoire miss !

De ce que j’ai pu en observer sur une petite heure c’est que je comprends les cosplayers étrangers qui viennent ici, parce qu’en France ou ailleurs ils sont souvent incompris. Ils cherchent une petite place au soleil, c’est bien normal quand on a une passion ;) Par contre il y avait deux gars genre « on n’est pas de la bouse, nous » (je suis sure qu’ils étaient français) que j’ai trouvé vraiment risibles, ils étaient drapés de noir façon ninja et se sont perchés en haut du pont : d’abord c’était dangereux parce qu’en contrebas y a légèrement la ligne JR qui passe, si les flics étaient passés ils se seraient payés la honte, mais en plus ça reflétait pas du tout l’esprit du lieu. Certes on est là pour regarder, se montrer, être admiré oui ça fait partie du jeu, mais faire les lourds et sauter du pont de deux mètres de haut (avec un boucan qui a fait se retourner tout le monde, merci les rangers aux pieds), au milieu des gothics lolitas c’est moyen, limite agressif. Ca faisait très m’as-tu vu, ça passait pas, d’ailleurs les gens autour se sont foutus de leurs gueules. S’ils se prennent vraiment pour des ninjas, alors c’est râpés parce qu’ils étaient pas discrets.

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Après ça il y a un monsieur qui m’a prise en photo (eh mais hé ! je suis pas déguisée moi o_O !) et 10 min après il m’apporte la photo en version papier. J’ai d’abord refusé parce que je croyais que c’était un truc genre attrape touriste, je te fais payer la photo 1000 yens etc… En fait pas du tout, c’est un pervers un passionné qui prend des photos de la faune harajukuienne, comme certains prennent des photos du shinkansen ou de la galinette cendrée. C’est un hobby comme un autre après tout. Ok. Merci pour le souvenir !
Je finis par un free hugs avec une japonaise mais bon les japonais et les câlins ça reste assez protocolaire, alors je sens que je vais créer une école de « câlin et bisou à la française » à Tokyo, un stage à Paris offert pour toute personne parrainée, offre à saisir.
Je me calme.
Je suis ensuite allée au parc de Yoyogi, mai j’ai vite fait demi-tour parce que je voulais trouver des concerts, il était déjà presque 17H (et ici il fait nuit à 18H et des poussières), le parc allait pas trop tarder à fermer. J’ai beaucoup aimé cette odeur de pin qui flottait dans le parc, il faudra que j’y retourne !

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Après Yoyogi je me suis dirigée au gré des gens et des notes de musiques que j’entendais au loin, je suis tombée sur les fameux rockers, des purs et durs qui maîtrisent le rockabilly comme je maîtrise l’art de la sieste.

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Retour dans le parc, ambiance très sympa, il y avait un groupe de 6 mecs qui jouaient de la musique bizarre, avec des percus genre instruments métalliques non identifiés et un saxophone déprimé (on aurait dit qu’on passait une bande au ralenti lol). C’était très euh… expérimental ?? Après je suis tombée sur un groupe de rock made in Harajuku (pour les curieux qui aiment les vidéos pourries, cliquez ici, ici et ici), un vrai de vrai avec les groupies qui maîtrisent la dance du mouchoir et la chorégraphie manuelle, le guitariste mimi auquel je dis « respect » après avoir vu son solo, et je retrouve par hasard mes deux frenchies du pont de Harajuku.

La nuit tombe mais pas question de rentrer à la maison, ça ne fait que commencer. Je repense alors aux conseils de Jackie la dame de ma famille d’accueil « si tu as pas encore vu Tokyo by night, vas à Shinjuku ». Ok pour Shinjuku, je consulte mon guide et celui-ci me dit d’aller à Kabuki-cho : c’est le quartier cho euh chaud ça pourtant, non ?! Toute seule ? Le soir ?

A fond ;)

C’est parti pour Shinjuku (suite au prochain post).

Le poncif du jour : est-ce que le 1er ministre japonais traîne des pieds, ça la légende ne nous le dit pas, mais j'ai une preuve que certains Japonais traînent effectivement des pieds : croyez en cette vidéo même si ça paraît tiré par les cheveux (je le jure sur les pieds à ma mère que j'ai pas rêvé rhoolàlà).

16 juin 2007

DAY 4 - SHIBUYA (et les shibuyettes)

D'abord pour ceux qui avaient suivi l'épisode de la brioche "mousse" marbrée, réponse : oui, elle était bonne, je sens que je vais me plaire ici héhé ^^.
Sinon aujourd'hui je suis allée m'empéguer dans Shibuya 109, le haut lieu de la fashionitude, temple de la consommation des Shibuyettes. Ce que j'appelle les Shibuyettes (au masculin : Shibuya-boy, parce que Shibuyet, euh, c'est bof) c'est ces nanas soignées jusqu'au bout des faux ongles, qui travaillent leur coiffure cheveux par cheveux, soit version crêpés soit savamment ondulés, mais dans tous les cas partiellement décolorés. Elle portent souvent le mini-short avec longues chaussettes noires, talons de 15 cm minimum, genre "non non, on s'est pas échappées d'un clip de RnB, du tout" .

devant_Shibuya_109 Shibuyettes Entree_Shibuya_109

Bref, en France on les nommerait par un terme disons beaucoup moins sympas, mais moi j'aime bien "Shibuyette", c'est à l'image de leur style très couleur locale qui certes ne se pratique pas au pays du fromage qui pue mais qui ici se fond dans le décor.
Lorsque je vois certaines d'entre elles accrochées au bras d'un 'gaijin' (en entier 'gaigokujin' 外国人 = étranger), j'ai trois réactions successives :

1. Je me marre. Parce que ces gaijins que j'ai pu croiser au bras de Shibuyettes ne sont pas du tout assortis à leur Shibuyette ! L'alter ego japonais de la Shibuyette est au moins aussi looké qu'elle, il a aussi travaillé dur sur ses cheveux etc... Mais le gaijin lui porte un jean célio et un t-shirt quicksilver XL beige, le même qu'il portait le jour du bac. Il est blanc comme une porte de frigo, surout à côté de sa miss souvent couleur pain d'épice. Mais par contre il est grand, ah ça... (Ci-dessous : un couple de jeunes shibuyien total raccord, et d'autres Shibuyettes -> à visualiser comme petites amies potentielles de Séb, votre voisin de palier qui est plus rando quechua/ ou World of Warcraft que shopping à Châtelet ("tiens bon Seb")).

couple_made_in_Shibuya couple_made_in_Shibuya_2 Shibuyettes_2

2. Je continue de me marrer. Le gaijin lui n'est pas rassuré, et ça se voit. Ce qui n'est pas étonnant : Pimkie un samedi au début des soldes ?? C'est de la pisse d'escargot à côté de Shibuya 109 !! Je me rappelle avoir croisé le regard d'un vendeur qui semblait super las de se taper des morceaux de Joe Hisaishi remixés à la sauce techno, avec tout ce bourdonnement et les claquements de talons des bimbos autour de lui (et je vous parle pas du jeu de lumières capable de redonner la vue à un aveugle).

l_enfer_de_l_agoraphobe_de_base l_enfer_du_claustro_de_base robe_neko

3. Je regarde tout ça d'un oeil bienveillant : après tout notre gaijin est amateur de japonaises, notre japonaise est amatrice de gaijin, que demande le peuple ? Et puis c'est pas moi qui peut donner des leçons sur "les oppsés s'attirent":p.

Le truc con du jour: je veux un Shibuya-boy, rien que pour savoir comment il maîtrise ses cheveux ^^

15 juin 2007

DAY 3 - YOTSUYA (UNIVERSITE SOPHIA), TOKYO TOWER, ROPPONGI (comment je me suis perdue)

Petit coup de stress ce matin !
Ce qui me connaissent bien savent que je suis toujours à la bourre : d'après ma chère Maman, il paraît même que je suis née un peu en retard u_u...
Donc imaginez mon stress ce matin, je dois :
1. Me lever
2. Me laver
3. Emerger
4. Prendre le métro aux heures de pointe
5. Etre à 9H tapantes au bureau de Mme T. au 7ème étage de la Tour 2 à Yotsuya (nom d'un des campus de Sophia).
6. Le tout pour assister à mes premiers cours de FLE à 9H15 dans une classe de spécialité Français début de 2ème année.
7. + ne pas oublier le petit cadeau, car ce n'est pas un stage officiel, rien n'obligeait cette enseignante à m'accepter en cours.
Et j'ai pas encore totalement récupéré du décalage horaire.
Ceux qui me connaissent bien savent donc que ces 7 variables sont autant de facteurs qui suffisent à mettre une Nonoe en retard :s.
En l'occurrence le réveil fut dur (essayez de vous réveiller à 1 heure du mat' alors qu'il est 8H pour tout le monde autour), et pas de bol, j'avais rien pour le petit déj' : disons que la famille chez qui je vis à son lot de pain dans le frigo mais j'avais pas le temps de faire réchauffer tout ça. Je me suis contentée de 2 biscuits au gingembre et comme c'est pas ma tasse de thé impossible d'en avaler plus.
Je suis loin d'être en avance quand je me jette dans le métro. La bonne surprise du jour est qu'à cette heure-ci sur la Namboku-line, on n'est pas comprimé comme des sardines ! Bien sûr y a pas de places assises mais on est loin de l'enfer de la ligne Yamanote (NDLR : ayant pris la Namboku-sen dans l'autre sens à la fin de mon voyage, je reviens sur mes propos... :s) . Tant mieux, je ressortirai pas froissée et trempée du métro : ça la fout mal pour un 1er cours (attention je joue les ambassadrices là, faut assurer ;p).
J'arrive pile à l'heure mais Mme T. n'est pas dans son bureau. No souci, ça me permet de reprendre mon souffle (^^). Elle rapplique peu de temps après : en fait c'était elle que j'entendais discuter avec une collègue dans le bureau à côté, avec un accent irréprochable. Elle est très sympa, le temps de faire des photocop, de discuter, de me présenter une stagiaire française qui sera là ce matin et hop on commence les cours... disons un peu plus tard que prévu :p.
Les cours à la fac se font par tranche de 90 min (il y a la sonnerie à chaque fois, ça m'était plus arrivé depuis le lycée), la matinée dure trois heure, il y a deux groupes d'une trentaine d'élèves. Je passe sur l'observation FLE en elle-même parce que ça sera trop long, mais en tout cas c'était super intéressant !! Je sens que je vais apprendre plein de trucs. En plus les enseignants sont tout disposés à m'aider et à me faire participer : c'est ainsi que je me retrouve avec un projet pour mercredi matin, à savoir partir des magazines que j'ai ramenés de France et trouver une présentation originale pour les élèves.
Entre 12H30 et 13H30 c'est la pause repas avec le rush à la cafèt du 5ème : on mange ensemble avec la stagiaire. J'ai testé le sandwich avec du "pain éponge" un peu jaune, si si c'était très bon !

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Comme vous pouvez le constater mes photos sont toujours aussi nazes. Mais bon pas ma faute si les gens bougent comme ça, et puis je vais pas non plus monter sur les tables prendre une vue d'ensemble !

Après le repas, un autre cours m'attend. Cette fois, c'est mon ami Tomo qui enseigne le Français en LV2 à une petite vingtaine d'étudiants du Dpt d'Anglais. Là encore je passe les détails mais c'est une classe très vivante, très sympa, il faut dire que Tomo est plein d'anecdotes croustillantes sur la France. Il me fait lire des textes à toute la classe, on échange beaucoup avec les élèves, ils sont en plus très content d'entendre une native parler Le Français qu'ils trouvent si agréable à écouter. Y a pire comme accueil non ?
Après les cours Tomo me fait visiter les jardins d'un hôtel grand luxe juste à côté de la fac, le New Otani : pour la petite anecdote c'est là que ma logeuse m'a réceptionnée la veille, quand je suis venue de l'aéroport.
C'est zoli non ;) ?

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Ensuite Tomo doit rentrer donner un cours particulier. On prend une ligne JR à Yotsuya (ce sont des lignes de trains donc presque toujours en surface contrairement au métro (le réseau ferré tokyoïte ne fait pas partie des plus simples en effet u_u...)). Je descends à Shinjuku 新宿 pour prendre la Yamanote, une grosse ligne qui fait le tour de la ville. J'ai du temps, y a la clim, j'ai mon MP3 et j'aime les paysages urbains : zou !

yotsuya_JR Shinjuku Yamanote_line

Je me suis retenue de rire quand le train est arrivé à Akihabara, d'abord j'avais complètement oublié qu'on passait par cette station, et ça m'a rappelée le drama Densha Otoko 電車男, avec un otaku amoureux en personnage principal : le comble c'est que j'ai retrouvé plein de gars dans son style qui montaient dans le train, avec ce look de vieux garçon en sac à dos. J'ai trouvé ça très mignon, j'avais du mal à planquer mon rire.
Pour rentrer à la maison, je devais changer à Meguro. Et là, c'est le drame.
Oui, terrible, je me suis paumée ! Mais grace à un chef de station très coopératif, deux trois mots de japonais et un peu de jugeote bol, je suis arrivée du premier coup à Azabu-Juban.

lost_in_meguro publicit__meguro sortie_1_Azabu_juban

Il était encore trop tôt pour rentrer à la maison, alors j'ai visité le quartier en suivant les hautes cimes de la Tokyo Tower.

la_Tokyo_Tower entre_Azabu_et_Roppongi la_dame_de_fer_rouge

Et une fois dedans, car il y a des commerces à l'intérieur, c'est le piège.
Si vous êtes une fille à peu près normalement constituée, que vous êtes gourmande et que vous aimez prendre des photos, votre banquier et votre nutritioniste vont faire la gueule. Ca se voit pas sur les photos, mais il y a une myriade de petits objets trop mignons, tellement migons que je me suis pas approchée pour pas craquer. Vade retro Consummérisme...
Au final j'ai été très raisonnable :)

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En rentrant à pied un peu au hasard, je me suis paumée et j'ai atterri à Roppongi par surpsise.
Le quartier de la Tokyo Tower étant très calme, je suis donc étonnée de voir des jeunes zicos qui débarquent leurs instrument de la camionnette devant un petit bar : "sympa, même dans ce petit quartier y a des concerts." Me disais-je naïvement. Et 20 m plus loin je me retrouve noyée dans une nuée de clubs bars boites (Gaspanic etc), avec une foultitude de gens à un grand croisement avec écrans géants etc... o_O.

Roppongi Roppongi_2 Roppongi_3

Le truc con du jour : je me sens d'humeur testeuse ^_^ , alors j'ai décidé de me lancer dans la "pâtisserie made in combini". Ca avait l'air rigolo, mais est-ce que mes papilles vont penser la même chose ? réponse au prochain post ;)

nandesuka

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